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Dans le match growth-value, Natixis IM mise toujours sur la croissance
information fournie par Zonebourse 10/07/2026 à 15:38

Après des années de sous-performance, le style "value" commence à retrouver un peu d'intérêt auprès des investisseurs qui privilégiaient jusqu'ici le boom mené par les valeurs technologiques, un rattrapage qui n'empêche pas les équipes de Natixis IM de continuer à favoriser une thématique d'investissement axée sur la croissance.

"L'histoire qu'il faut acheter aujourd'hui, c'est celle de la confiance en la croissance", a assuré Mabrouk Chetouane, le directeur de la stratégie de marchés internationaux chez Natixis Investment Managers, lors d'un déjeuner avec la presse mardi.

A l'occasion de la réunion, l'économiste a pris acte de la dichotomie transatlantique, ou plutôt du "décalage cyclique", qui persiste toujours entre les Etats-Unis et la zone euro, où la croissance reste selon lui en mode "neurasthénique" avec une hausse du PIB qui devrait se limiter à 0,7% cette année, contre 1,5% l'an dernier.

Mais le Vieux Continent devrait parvenir à opérer un retour vers son plein potentiel l'an prochain, en renouant avec une croissance qui devrait ressortir au-delà de 1%, prévient le professionnel.

Dans ce contexte, la maison de gestion conseille de se positionner sur le secteur de la tech européenne, mais aussi sur le segment très stratégique de l'énergie et des services collectifs ("utilities") ainsi que sur le compartiment de la défense qui devrait bénéficier des efforts d'investissement en faveur de la souveraineté européenne.

Pourquoi Wall Street garde l'avantage

Reste que, pour Mabrouk Chetouane, l'Europe boursière demeure, par excellence, le territoire le plus "value" de la planète, ce qui l'amène à afficher sa préférence pour le marché d'actions américain.

"Existe-t-il actuellement une bulle sur l'IA ? Non, je ne crois pas", juge le stratège. "Les dépenses d'investissements débloquées dans l'IA sont-elles exagérées ? Non, je ne crois pas non plus. Avec des taux d'intérêt réels qui ne cessent de monter avec le retour des tensions inflationnistes, il ne me semble pas que le Nasdaq affiche un PER très élevé", insiste-t-il.

Les anticipations de marché sur un resserrement de la politique monétaire américaine ont nettement remonté au cours des derniers mois, ce qui a entraîné une remontée des taux longs ayant débouché sur un mouvement de consolidation du segment technologique à Wall Street.

Natixis IM mise toutefois sur un choc "transitoire" qui ne devrait pas être de nature à remettre en cause la solidité de la croissance américaine, dopée notamment par la perspective d'une hausse de 40% à 50% des dépenses d'investissement à moyen terme dans la tech.

Pas de changement durable de paradigme

Le stratégiste note, à ce titre, que la part de la technologie dans le PIB américain ne cesse de grimper, pour s'établir désormais autour de 8%, alors que celle de l'industrie manufacturière continue de se dégonfler, à environ 10%.

"Les deux courbes vont bientôt finir par se croiser", prophétise Mabrouk Chetouane.

Selon lui, la prochaine saison des résultats trimestriels sera, cette fois encore, tirée par les performances des entreprises technologiques américaines, faisant souffler un sentiment de marché favorable qui devrait bénéficier à l'Europe.

Il ne croit cependant pas en une rotation durable vers le style "value", qui consiste à rechercher les titres décotés par rapport à leur valeur intrinsèque, une stratégie qu'il juge trop dépendante du "timing" de marché.

Le secteur de l'automobile en est, à ses yeux, le parfait exemple. "Il s'est caractérisé par toute une succession de faux départs, freinés par des vents contraires allant de l'envolée des prix de l'énergie aux questions réglementaires, d'où la décote actuellement accusée par les constructeurs", conclut Mabrouk Chetouane.

Un constat partagé par l'outil Stock Screener de Zonebourse : les actions européennes les plus décotées appartiennent aujourd'hui principalement à l'automobile (Volkswagen, Mercedes-Benz, BMW), suivies de près par les banques (Crédit Agricole, BNP Paribas, Société Générale, Barclays, Deutsche Bank...).

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